Le MEDEF nous a remis sur table mercredi soir un document cadrant le contenu de la négociation qu'il voudrait ouvrir sur l’emploi des jeunes.
Ce document n’a été ni présenté ni débattu. Avec la majorité des organisations syndicales, nous avons refusé par principe l’ouverture de toute négociation tant que le patronat ne reviendrait pas à la table des négociations pour augmenter les pensions Agirc Arrco et pour encadrer l’utilisation des contrats courts, en lien avec l’assurance chômage.
Le contenu du document sur l’emploi des jeunes est une déclaration de guerre.
Alors que nous fêtons cette année les 20 ans de la victoire contre le CPE, le MEDEF ose remettre le couvert.
Dans son document, il propose :
- De mettre en place un contrat spécifique pour les jeunes avec 3 ans de période d’essai. Il réussit à faire pire que le CPE qui avait 2 ans de période d’essai !
- De mettre en place un Smic jeunes (inférieur au Smic). C’est ce que M. Balladur avait essayé d’imposer en 1994 avec le CIP balayé lui aussi par la mobilisation des jeunes et des salariés
- De permettre de déroger pour les jeunes aux règles qui limitent l’utilisation des contrats précaires et des temps partiels
L’objectif du patronat est de torpiller la conférence sociale pour reprendre la main et imposer son agenda social régressif.
La CGT refusera catégoriquement de s’engager dans toute négociation qui comporte ces éléments. Nous refuserons également l’ouverture de toute négociation portant sur le financement de la protection sociale (demandée par FO). Si le patronat tentait malgré tout d’imposer ces propositions, il nous faudra nous mettre en situation de construire une mobilisation de haut niveau pour les forcer à renoncer à ces projets délétères.